3ème partie CR : de l'Izoard à la fin du vélo...
3ème partie de mon CR de l'Embrunman. Il est 12h20, je viens d'arriver en haut de l'Izoard. J'en suis à 6h20 d'effort et 100km vélos parcourus. Que ce soit dans les jambes où dans la tête, tout va parfaitement à ce moment là.
Je retrouve tous mes supporteurs au sommet. On discute, ils ont l'air fier de moi. Je suis content de récupérer mon tuperware de pates, je commencais à avoir faim. Mais les premières bouchées passent difficilement, je dois me forcer à avaler et je sens que ca passe mal. Je laisse mon tuperware quelques instants pour aller remplir mes bidons, ca ira peut etre mieux après. En me baissant pour le récupérer, je suis pris d'une crampe derrière la cuisse droite, séance d'étirements obligatoire pour la faire passer. Ca s'atténue, mais je sens toujours une petite pointe. J'essaye de re-manger, ca ne passe toujours pas, je décide de repartir. Je pense profiter des 20km de descente pour me décontracter les cuisses et manger le reste de mon ravito, mais en quelques minutes le grand optimisme de mes supporteurs est un peu retombé...
12h30, je repars dans la descente. Devant moi, 20km de route magnifique sans voitures en face, je me fais plaisir. Ca ne fait gagner que quelques secondes, mais je m'éclate, faut bien s'amuser un peu dans une journée comme ca ! Je double plusieurs voitures, et tape une jolie pointe à 80.4km/h.
Arrivée à Briancon, on reprend la vallée pour revenir vers Embrun. Mais le vent est de pleine face, et les jambes commencent à chauffer. Je recommence à m'alimenter (les cacahouetes salés, niquel) et à boire, ca avance doucement mais ca avance. La cote des Vigneaux est plus dure que prévue avec la fatigue et le vent, avant une longue descente, où la pente légère ne permet pas de compenser le vent de face et où je dois continuer à pédaler. Il fait chaud, je commence à avoir des échauffements sous les pieds, et l'alimentation passe de plus en plus difficilement.
Km 150, j'arrive au pied de la cote de Pallon, redoutée par tous les triathlètes : une ligne droite d'environ 2km à plus de 12%. En temps normal c'est deja dur, mais là j'en suis à 8h de sport, et j'ai deja bien mal aux jambes. J'ai vu de nombreuses images de triathlètes montant cette bosse en zigzag ou en marchant. Dès le pied, je met mon plus petit développement. Rapidement, le compteur descend à 8. Il n'est plus question de gérer son effort, mais juste de monter au sommet. Je garde ce rythme, lent mais apparamment un peu plus rapide que la moyenne des triathlètes qui m'entourent. La route en ligne droite rend la montée interminable. J'avais demandé à mes supporteurs d'etre là, sachant que ca serait particulièrement difficile, mais 2 voitures sur 3 n'ont pas réussi à se faufiler dans les nombreux bouchons et déviations que l'on provoque. Enfin ca se termine, je me dis à ce moment là que le plus dur est fait...
Video montée de Pallon :
Dans la descente vers la vallée, le goudron est fondu du fait de la chaleur, obligation de rester attentif. Arrivé le long de l'aérodrome, je reprend le vent de face et commence à vraiment faiblir. Il fait plus de 33°, j'ai les pieds en feu et les jambes qui me brulent à chaque coup de pédale. Je sens l'hypoglicémie venir mais je n'arrive plus à avaler mes barres. Je rève de terminer le vélo pour retrouver mes chaussures de CAP et mes gels énergétiques qui passeront surement mieux, mais en attendant il me reste 1h30 de vélo avec un col et plusieurs cotes. Le moral commence à baisser, je ne pense pas du tout à l'abandon mais je souffre, et je me fais doubler régulièrement.
Dans une petite montée (même pas une cote, au repérage je n'avais pas vu que ca montait...), le compteur n'arrive pas à dépasser le 10. Un groupe sur le bord de la route m'encourage, me dit que je suis un surhomme à faire un truc comme ca et qu'on est des héros. Ce genre d'encouragements m'a énromément boosté depuis le départ, mais là ca m'anéanti. Moi un surhomme? Je me sens plutot comme une grosse merde incapable de monter une petite côte, et j'ai honte de recevoir ces paroles vu mon état. Je sens quelques larmes monter, j'essaye de prendre le dessus. Mes supporteurs me rattrapent à ce moment là, et me regardent en silence d'un air inquiet, ca doit se voir que je ne vais pas bien. Quelques encouragements et ils repartent.
Je m'arrète au ravito suivant pour manger une grosse poignée d'abricots secs. Ca passe à peu près, ca fait du bien, et je reprendrais une autre poignée à chaque ravito jusqu'à la fin du vélo.
A une vingtaine de km de l'arrivée, un gars me rattrape et me dit de prendre sa roue. Je sais bien qu'il n'y a pas le droit, mais un peu d'abri face au vent dans mon état, c'est super tentant. Même pas le temps d'hésiter que je me rends compte que je suis incapable de le suivre... Un peu plus tard je me fais rattraper par un peloton d'une quinzaine de coureurs, un peu énervant quand on sait que le drafting est interdit !
Km 175, je suis au pied de Chalvet, le dernier col de la journée, 6km de montée. au dessus d'Embrun. La grande forme est encore très loin, mais ca va un peu mieux physiquement et surtout moralement, car je sens la fin arriver. Surtout, les specteurs sont très nombreux tout au long de la montée, les encouragements sont quasiment continus et les riverains ont sorti leurs tuyaux d'arrosage pour nous raffraichir. C'est dur, je roule à 8, mais ca passe. Je vois que je ne suis pas le plus mal, certains montent à pied, et les premiers malaises apparaissent, avec des triathlètes allongés sur le bord de la route à l'ombre. Enfin je bascule au sommet, il ne me reste plus que de la descente.
J'arrive au parc à vélo, je passe devant mes supporteurs et serre le poing. Je suis loin d'avoir terminer, mais c'est un immense soulagement de finir le vélo, et surtout avec ma préparation j'aurai mal vécu de ne pas terminer cette partie.
il est 16h20. J'ai perdu toute l'avance gagné en natation et dans le début du vélo, mais je suis encore sur mon planning et j'ai 50mn d'avance sur les délais. Je suis largement meilleur cycliste que coureur, mais là c'est un immense soulagement de poser le vélo. J'ai fait le 620ème temps vélo, ce qui m'a permis de gagner 64 places. Je rentre dans le parc à vélo en marchant (en meme temps que spiderman), cette fois pas question de courir pour rien...
Comme pour la T1, je choisi le change intégral, des chaussettes au teeshirt, et j'enfile ma trifonction. Un coup de crème solaire, ma casquette saharienne, mes tubes energetiques (enfin!), et c'est parti. Il est 16h30, je ne me dis pas que je dois courir un marathon, je me dis juste que je dois courir le plus longtemps possible...
Je retrouve tous mes supporteurs au sommet. On discute, ils ont l'air fier de moi. Je suis content de récupérer mon tuperware de pates, je commencais à avoir faim. Mais les premières bouchées passent difficilement, je dois me forcer à avaler et je sens que ca passe mal. Je laisse mon tuperware quelques instants pour aller remplir mes bidons, ca ira peut etre mieux après. En me baissant pour le récupérer, je suis pris d'une crampe derrière la cuisse droite, séance d'étirements obligatoire pour la faire passer. Ca s'atténue, mais je sens toujours une petite pointe. J'essaye de re-manger, ca ne passe toujours pas, je décide de repartir. Je pense profiter des 20km de descente pour me décontracter les cuisses et manger le reste de mon ravito, mais en quelques minutes le grand optimisme de mes supporteurs est un peu retombé...12h30, je repars dans la descente. Devant moi, 20km de route magnifique sans voitures en face, je me fais plaisir. Ca ne fait gagner que quelques secondes, mais je m'éclate, faut bien s'amuser un peu dans une journée comme ca ! Je double plusieurs voitures, et tape une jolie pointe à 80.4km/h.
Arrivée à Briancon, on reprend la vallée pour revenir vers Embrun. Mais le vent est de pleine face, et les jambes commencent à chauffer. Je recommence à m'alimenter (les cacahouetes salés, niquel) et à boire, ca avance doucement mais ca avance. La cote des Vigneaux est plus dure que prévue avec la fatigue et le vent, avant une longue descente, où la pente légère ne permet pas de compenser le vent de face et où je dois continuer à pédaler. Il fait chaud, je commence à avoir des échauffements sous les pieds, et l'alimentation passe de plus en plus difficilement.
Km 150, j'arrive au pied de la cote de Pallon, redoutée par tous les triathlètes : une ligne droite d'environ 2km à plus de 12%. En temps normal c'est deja dur, mais là j'en suis à 8h de sport, et j'ai deja bien mal aux jambes. J'ai vu de nombreuses images de triathlètes montant cette bosse en zigzag ou en marchant. Dès le pied, je met mon plus petit développement. Rapidement, le compteur descend à 8. Il n'est plus question de gérer son effort, mais juste de monter au sommet. Je garde ce rythme, lent mais apparamment un peu plus rapide que la moyenne des triathlètes qui m'entourent. La route en ligne droite rend la montée interminable. J'avais demandé à mes supporteurs d'etre là, sachant que ca serait particulièrement difficile, mais 2 voitures sur 3 n'ont pas réussi à se faufiler dans les nombreux bouchons et déviations que l'on provoque. Enfin ca se termine, je me dis à ce moment là que le plus dur est fait...Video montée de Pallon :
Dans la descente vers la vallée, le goudron est fondu du fait de la chaleur, obligation de rester attentif. Arrivé le long de l'aérodrome, je reprend le vent de face et commence à vraiment faiblir. Il fait plus de 33°, j'ai les pieds en feu et les jambes qui me brulent à chaque coup de pédale. Je sens l'hypoglicémie venir mais je n'arrive plus à avaler mes barres. Je rève de terminer le vélo pour retrouver mes chaussures de CAP et mes gels énergétiques qui passeront surement mieux, mais en attendant il me reste 1h30 de vélo avec un col et plusieurs cotes. Le moral commence à baisser, je ne pense pas du tout à l'abandon mais je souffre, et je me fais doubler régulièrement.
Dans une petite montée (même pas une cote, au repérage je n'avais pas vu que ca montait...), le compteur n'arrive pas à dépasser le 10. Un groupe sur le bord de la route m'encourage, me dit que je suis un surhomme à faire un truc comme ca et qu'on est des héros. Ce genre d'encouragements m'a énromément boosté depuis le départ, mais là ca m'anéanti. Moi un surhomme? Je me sens plutot comme une grosse merde incapable de monter une petite côte, et j'ai honte de recevoir ces paroles vu mon état. Je sens quelques larmes monter, j'essaye de prendre le dessus. Mes supporteurs me rattrapent à ce moment là, et me regardent en silence d'un air inquiet, ca doit se voir que je ne vais pas bien. Quelques encouragements et ils repartent.
Je m'arrète au ravito suivant pour manger une grosse poignée d'abricots secs. Ca passe à peu près, ca fait du bien, et je reprendrais une autre poignée à chaque ravito jusqu'à la fin du vélo.
A une vingtaine de km de l'arrivée, un gars me rattrape et me dit de prendre sa roue. Je sais bien qu'il n'y a pas le droit, mais un peu d'abri face au vent dans mon état, c'est super tentant. Même pas le temps d'hésiter que je me rends compte que je suis incapable de le suivre... Un peu plus tard je me fais rattraper par un peloton d'une quinzaine de coureurs, un peu énervant quand on sait que le drafting est interdit !
Km 175, je suis au pied de Chalvet, le dernier col de la journée, 6km de montée. au dessus d'Embrun. La grande forme est encore très loin, mais ca va un peu mieux physiquement et surtout moralement, car je sens la fin arriver. Surtout, les specteurs sont très nombreux tout au long de la montée, les encouragements sont quasiment continus et les riverains ont sorti leurs tuyaux d'arrosage pour nous raffraichir. C'est dur, je roule à 8, mais ca passe. Je vois que je ne suis pas le plus mal, certains montent à pied, et les premiers malaises apparaissent, avec des triathlètes allongés sur le bord de la route à l'ombre. Enfin je bascule au sommet, il ne me reste plus que de la descente.
J'arrive au parc à vélo, je passe devant mes supporteurs et serre le poing. Je suis loin d'avoir terminer, mais c'est un immense soulagement de finir le vélo, et surtout avec ma préparation j'aurai mal vécu de ne pas terminer cette partie.il est 16h20. J'ai perdu toute l'avance gagné en natation et dans le début du vélo, mais je suis encore sur mon planning et j'ai 50mn d'avance sur les délais. Je suis largement meilleur cycliste que coureur, mais là c'est un immense soulagement de poser le vélo. J'ai fait le 620ème temps vélo, ce qui m'a permis de gagner 64 places. Je rentre dans le parc à vélo en marchant (en meme temps que spiderman), cette fois pas question de courir pour rien...
Comme pour la T1, je choisi le change intégral, des chaussettes au teeshirt, et j'enfile ma trifonction. Un coup de crème solaire, ma casquette saharienne, mes tubes energetiques (enfin!), et c'est parti. Il est 16h30, je ne me dis pas que je dois courir un marathon, je me dis juste que je dois courir le plus longtemps possible...
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